lundi 4 août 2008

Le Matsuri

Tokyo, arrondissement de Ootaku, temple Honmonji.

Au Japon, les soirs d'ete s'animent des fetes de quartiers (matsuri), qui sont organisees dans l'enceinte des temples, sans pour autant etre proprement religieuses. L'ambiance y est plutot joyeusement paillarde.

En fin d'apres-midi nous nous sommes rendus au Honmonji. Au centre du parvis, on avait eleve une estrade surmonte d'une petite tourelle d'ou rayonnaient des guirlandes de lanternes. Dans l'entree, on mettait la derniere touche aux etals.









Apres avoir dine nous sommes revenus. La nuit etait tombee et la fete battait son plein.


Tout ce petit monde portait le costume de rigueur, kimono d'ete pour les femmes et les enfants, jimbe (pyjama leger) pour les hommes.











Dans l'allee qui mene a la porte principale du temple flottait la fumee des gargottes. On avale brochettes et galettes avec appetit. Les enfants jouent a attraper de minuscules poissons rouges avec une epuisette faite de papier de riz.







La police patrouille, debonnaire. Les yakousas tiennent les stands. Les moines supervisent l'organisation de la fete. Bref, toute la communaute du quartier communie joyeusement au son de la musique qui rythme les danses.



Au sommet de l'estrade, dans une petite vigile, se tiennent les musiciens, qui accompagnent au tambour et a la flute la musique qui s'echappe d'un haut-parleur, pendant qu'en bas tout le monde se joint a la danse qui se deroule en cercle autour de l'estrade.




J'ai ressenti une veritable ambiance de fete, simple, populaire, et propement decontractee, qui m'a fait entrevoir que le peuple japonais, loin des cliches de rigidite qu'on colporte sur son compte, est veritablement un peuple joyeux, qui profite de chaque occasion pour manifester sa joie avec un naturel qui ne peut etre feint.

Comme il se doit, la biere coule a flots. On raconte que ces celebrations sont aussi l'occasion de rejouissances plus galantes et que c'est au mois de mai, soit neuf mois plus tard, que naissent le plus grand nombre d'enfants au Japon. Ce soir, nous ne sommes pas restes assez longtemps pour verifier cette affirmation, a mon grand dam.

lundi 28 juillet 2008

De retour








Bonjour a tous,

Comme vous le constatez, ceci est mon deuxieme message en un mois. J'imagine que desormais il ne regne plus aucun doute sur ma paresse.
Puisque nous sommes entre nous, je vais pouvoir vous raconter ma vie. Aujourd'hui (plus exactement hier) la plage. Desormais je ne pourrais plus entendre quelqu'un me dire que les Japonais sont un peuple preoccupe par la proprete sans eclater de rire, il suffit de mettre les pieds sur le littoral pour se rendre compte du contraire. Au depart nous etions partis, Namiko et moi, rejoindre Emeric et Joseph pour deguster les fromages que nous avions amenes dans nos valises. Un vrai pique-nique bucolique dans un parc, Joseph avait meme amene un parasol. Idyllique, sauf le morbier qui avait un peu trop souffert du voyages. Nos agapes achevees, nous nous dirigeons vers la plage qui se trouve a quelques dizaines de metres. Ce fut comme une revelation.










Pour y acceder il faut passer sous une voie rapide sous laquelle coule... ce qui ressemble fort a une conduite d'egout. Et imaginez vous qu'il y avait des personnes oui, oui, qui pique-niquaient joyeusement a deux metres de l'arrivee des eaux usees, barbecue et tente de rigueur, avec les gamins barbottant joyeusement au milieu des ordures. Suis-je au Japon ? La plage est a l'encan des dechets trainent partout sur la plage.
Tout cela m'intrigue fort, au cours de notre escapade, j'ai pu constate que les villes etqient impeccables, les dechets tries avec un soin maniaque, et lors de nos randonnees en montagne, je n'ai jamais vu trainer le moindre papier. Les Japonais, lorsque on leur pose la question, repondent que les dechets viennent de Chine. Avec des inscriptions japonaises sur tous les paquets, j'ai quelques doutes, d'autant plus que la mer est epargne par les dechets. Il semblent tout simplemment que les gens s'en foutent royalement. A leur corps defendant, il n'y a pas une poubelle a deux kilometres alentours.

Tout cela ne nous a pas empeche de passer une delicieuse apres-midi dans l'eau a nager, batifoler et nous livrer a toutes les activites les plus incongruesJe ne crois pas m'etre arrete de rire plus de dix minutes.
Et pour couronner cette journee formidable, dans la lumiere doree du jour finissant, on a apercu, emergeant des nuages, le cone parfait du Mont fuji. Evidemment, sur les photos, ce n'est pas du plus bel effet, mais ca vous donnera une idee







Pour achever cette journee, nous sommes alles deguster des odens dans une petite gargotte pres de la plage. Ce sont des aliments qu'on fait cuire dans un bouillon clairet. C'est bon, pas tres cher, et assez nourrissant. Le Japon est vraiment un grand pays de gastronomie.



Salutations a tous

Namiko vous embrasse aussi. Je m'inquiete un peu pour elle. Le retour au Japon a reveille en elle le gout des cotumes locales. Jugez plutot.

vendredi 4 juillet 2008

IZU

Ces deux derniers jours, Yoshiko, la mere de Namiko, nous a emmenes au bord de la mer, dans la peninsule d'Izu, situee au sud-ouest de Tokyo. De la voiture, je decouvre un littoral dechire, ou les montagnes recouvertes par les pins et les bambous viennent se jeter dans le Pacifique. Nous traversons crique sur crique, dans lesquelles se nichent des petit port de peche. Par le passe, la piraterie prosperait dans les eaux japonaises, et ces marins trouvaient dans ces petites anses des refuges a l'abri des regards indiscrets. Quoiqu'il en soit la vue est splendide, et le poisson dont nous faisons notre repas, aussi frais que si nous l'avions peche nous-memes.

Le soir meme, on s'est arrete dans un hotel pourvu d'un onsen. Les onsen sont les sources thermales. Du fait de l'intense activite tellurique de l'archipel, on en trouve un peu partout sur le territoire. Une fois arrive, on se deshabille, on enfile un peignoir appele yukata, un paire de claquettes et on file au bain. La-bas, on se savonne genereusement avant de penetrer dans le bain, qui, dans notre cas devait bien avoisiner les 45 degres. Pour m'y habituer, j'ai fini par adopter la methode suedoise: bain, puis douche froide, puis bain, etc... A la fin, je pouvais rester quelques minutes dans le bain. Malheureusement je n'ai pas de photos a vous soumettre.

Le lendemain, en rentrant a Tokyo, nous nous sommes arrete a Hakone, qui a l'epoque du shogunat etait un des points de passage obliges sur la route de Kyoto a Edo. A l'epoque, ne voyageait pas qui voulait, et le regime mettait un point d'honneur a surveiller les mouvements de la population. Tout voyageur devait decliner ses papiers, ses bagages etaient minutieusement fouilles. On cherchait en particulier a limiter la circulation des armes.
Hakone est desormais une paisible bourgade ou les Tokyoites viennent chercher la fraicheur au bord de son lac, ou, par beau temps, on apercoit le Mont Fuji. Pour nous, ce jour-la, c'est la brume qui faisait et defaisait le paysage.

Kamakura: un temple ou fleurissent des hortensias a faire palir d'envie toute la Bretagne, et le celebrissime bouddha assis. Sous un porche a cote de l'esplanade, on expose les sandales du garcon. A vue de nez, je dirai qu'il doit faire du 256 de pointure.